Vos pièces sont chauffées par des convecteurs muraux ou des radiateurs électriques fixes ? Dans le canton de Fribourg, la question de leur avenir revient sans cesse — souvent avec des informations vaudoises mélangées aux règles fribourgeoises. Faisons le tri : ce qui est vrai ici, ce qui ne l’est pas, et ce qu’il est sage de préparer dès maintenant.
À ce jour, pas de date butoir cantonale
Commençons par la confusion la plus fréquente. Le canton de Vaud a fixé une échéance légale pour assainir les chauffages électriques directs. Fribourg, non : à ce jour, aucune date butoir cantonale n’impose de remplacer votre installation. Vos radiateurs existants peuvent rester en place et être réparés. Si un démarcheur vous affirme le contraire au téléphone, il confond les deux cantons — ou il cherche à vous faire signer vite.
« À ce jour » n’est pas une formule de style. La législation énergétique évolue partout en Suisse, et une modification de la loi fribourgeoise sur l’énergie a d’ailleurs été mise en consultation. Personne ne peut garantir que le cadre actuel durera vingt ans. Ce qui se lit déjà très bien, en revanche, c’est la direction du vent.
Trois signes que l’étau se resserre
- Poser un chauffage électrique fixe neuf comme chauffage principal n’est plus autorisé. Le convecteur n’est plus une option d’avenir : la législation cantonale actuelle en interdit l’installation comme système principal.
- Le remplacement à l’identique est encadré. Reposer de l’électrique à la place de l’électrique n’est possible que sous conditions : couvrir une part des besoins par du renouvelable, ou améliorer l’enveloppe du bâtiment. Le « je change juste mes radiateurs » sans autre réflexion n’existe plus.
- Depuis le 1er janvier 2025, le canton soutient la sortie. Le Programme Bâtiments fribourgeois subventionne désormais le remplacement des radiateurs électriques indépendants par un système de chauffage centralisé alimenté en renouvelable. Quand un canton finance la porte de sortie, il indique rarement l’intention de la refermer.
Qui est concerné dans le sud fribourgeois
Le portrait-robot est net : une villa construite entre 1970 et 1990, dans la couronne de Bulle, autour de Châtel-Saint-Denis ou dans les villages de la Glâne. À l’époque, l’électricité était bon marché et le radiateur mural se posait en une heure, sans chaufferie ni citerne : des quartiers entiers en ont été équipés. Cinquante ans plus tard, ces maisons paient chaque hiver le prix de cette simplicité. Un convecteur transforme un kilowattheure d’électricité en un kilowattheure de chaleur ; une pompe à chaleur en tire trois à quatre.
Deux portes de sortie principales
La sortie complète : une pompe à chaleur air-eau et des radiateurs à eau. C’est la solution qui règle la question pour de bon : une pompe à chaleur air-eau chauffe toute la maison — et l’eau sanitaire si on le souhaite —, pour une consommation électrique de chauffage divisée par trois environ. Le passage oblige à créer un circuit d’eau : c’est le vrai chantier, et nous le décrivons pas à pas dans notre guide dédié. C’est aussi précisément la configuration visée par la nouvelle mesure cantonale de 2025.
La sortie pièce par pièce : l’air-air. Une pompe à chaleur air-air chauffe directement l’air d’une ou plusieurs pièces, sans circuit d’eau. Chantier léger, coût contenu, et la même machine rafraîchit en été. Ses limites sont connues : elle couvre rarement toute la maison, et les convecteurs des chambres restent souvent en appoint. Une bonne étape, pas toujours une solution finale.
La subvention se joue avant le chantier. Pour le remplacement d’un chauffage électrique comme pour les autres mesures, la demande au Programme Bâtiments fribourgeois se dépose avant le début des travaux — et la prudence commande d’attendre la confirmation du Service de l’énergie avant d’ouvrir le chantier. Les montants dépendent de chaque projet : le déroulé complet est expliqué sur notre page subventions.
Le bon calcul : ne pas attendre d’y être obligé
Sans date butoir, pourquoi bouger ? Parce que la facture, elle, tombe chaque année. Une villa au tout-électrique consomme pour se chauffer ce qu’une maison équipée d’une pompe à chaleur consomme en trois hivers. Chaque saison d’attente est une saison payée au tarif fort. Et si le canton fixait un jour une échéance, les propriétaires qui auront anticipé choisiront leur installateur, leur machine et leur calendrier — les autres prendront ce qui restera. Les règles se sont déjà resserrées par étapes ; la trajectoire ne fait guère de doute.
Notre conseil tient en une phrase : vous n’êtes pas obligé d’agir, mais vous avez tout intérêt à savoir ce que coûterait la sortie, chiffres en main. Une visite et un devis n’engagent à rien — et transforment une inquiétude diffuse en décision posée.
Les mesures de soutien cantonales sont détaillées sur le site officiel de l’État de Fribourg : fr.ch — programmes de subventions en matière d’énergie.